BD et sémiotique

De la « subversion sémiotique » comme mode d’existence matériel de la bande dessinée
subversion BD
« Cet article se propose de considérer la capacité intrinsèquement subversive de la BD. Car il s’agit de son mode d’existence même, c’est-à-dire celui de sa matérialité. En effet, si la bande dessinée n’existe qu’inscrite sur la page, elle y creuse également un espace en profondeur et subvertit ainsi la page-surface. Or, cette profondeur relève de la perspective. Mais la bande dessinée multiplie les perspectives dans une même page au service de la narration, instrumentalisation qui vaut comme subversion de la perspective. Enfin, cette double subversion de la page et de la perspective entraîne une subversion du schéma actanciel : la page (et son réseau d’espaces) devient elle-même un actant à part entière, un actant de visibilité. Cette triple subversion, l’auteur la nomme « subversion sémiotique » de la bande dessinée. »
Pascal Robert (2011). BD : le pari de la matérialité De la « subversion sémiotique » comme mode d’existence matériel de la bande dessinée. Communication & langages, 2011, pp 53-71 doi:10.4074/S0336150011011057