« Apprendre pour transmettre – L’éducation contre l’idéologie managériale » F. Rastier

François Rastier, ApprImageendre pour transmettre

Paris : PUF, coll. « Souffrance et théorie », 2013.

EAN 9782130619482.

256 p.

Prix 21EUR

Présentation de l’éditeur :

En questionnant les conceptions implicites des langues et de la culture qui sont aujourd’hui de mise, cet essai souligne les limites des théories de la communication et de la cognition qui entendent se partager sans reste l’enseignement et la recherche.
De l’école à l’université, la même idéologie managériale restreint en effet le contenu des disciplines au profit d’activités diverses, remplace les connaissances par des « compétences » et multiplie les évaluations concurrentielles, comme si l’éducation n’était qu’une préparation à l’emploi et l’homme une « ressource » humaine.
Mais la société ne se réduit pas à l’économie : une autre conception de la culture se dessine avec la richesse de l’enseignement des langues et la diversité des sciences sociales. Afin d’empêcher l’idéologie managériale et les intérêts privés de contrôler l’éducation, un projet ambitieux doit promouvoir une conception cosmopolitique de la connaissance. Pour cela, il peut s’appuyer sur la diversité des cultures, des langues et des œuvres.

François Rastier, directeur de recherche au CNRS, est linguiste, spécialisé en sémantique. Son projet intellectuel se situe dans le cadre général d’une sémiotique des cultures. Il a publié aux Puf Sémantique interprétative, Sémantique et recherches cognitives et Arts et sciences du texte.

source: fabula.org
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« L’ACTION ET LE SENS POUR UNE SÉMIOTIQUE DES CULTURES » François RASTIER

« La sémiotique des cultures n’est pas à vrai dire une discipline, mais le projet même de redéfinir la spécificité des sciences humaines et sociales : les cultures embrassent la totalité des faits humains, jusqu’à la formation des sujets. Elles restent cependant difficiles à concevoir, faute précisément d’un point de vue sémiotique sur la culture. En d’autres termes, c’est la reconnaissance de la spécificité et de l’autonomie relative du monde sémiotique qui permet de délimiter le champ des sciences de la culture, et d’en finir avec le dualisme traditionnel qui commande la division proposée par Dilthey entre les « sciences de la nature  » (Naturwissenschaften) et les « sciences de l’esprit  » (Geisteswissenschaften). » Extrait du chapitre 4.4: L’unité problématique des sciences de la culture

RÉSUMÉ

Les théories sémiotiques se sont longtemps attachées à produire des typologies des signes, rapportés aux opérations abstraites de l’esprit — dans une universalité postulée. Or, pour développer leur interdisciplinarité en respectant leur diversité, les sciences sociales ont plutôt besoin d’une théorie des pratiques créatrices et porteuses de sens, bref d’une théorie de l’action ou praxéologie qui ne soit pas simplement extrapolée de la production technique ou de la création artistique.
Après un rappel du cousinage entre la linguistique comparée et l’anthropologie moderne, une interrogation sur la spécificité des langues conduit à distinguer une organisation ternaire des zones anthropiques qui divisent les mondes culturels. Le régime sémiotique des pratiques est ensuite problématisé une typologie générale des actions situées.
Des directions de recherches sont enfin esquissées pour souligner le caractère interdisciplinaire du problème de l’action.

source : http://www.revue-texto.net/Inedits/Rastier/Rastier_Action.html

SOMMAIRE

1. Le fondement anthropologique de la linguistique historique et comparée
1.1. Pour une épistémologie de la diversité.
1.2. Fondement anthropologique de la sémiotique
2. Les zones anthropiques
2.1. Action et couplage
2.2. Les ruptures catégorielles
2.3. Les trois zones
2.4. Les conditions de transmission de l’entour
2.5. Les médiateurs et les modes de la médiation
2.6. Les deux médiations
3. Pour une typologie des actions situées
4. Directions de recherche
4.1. Les modes d’objectivation
4.2. L’éthique
4.3. L’action, problème interdisciplinaire
4.4. L’unité problématique des sciences de la culture

 

« Objets et performances sémiotiques. L’objectivation critique dans les sciences de la culture » François Rastier

Actes du colloque L’homme sémiotique, Namur, 19-21 avril 2010

Résumé :

La réflexion sur l’objet culturel intéresse l’épistémologie des sciences humaines et leur permet de se distinguer tout à la fois de la culturologie et des cultural studies. Elle doit par ailleurs leur permettre de mieux répondre aux demandes sociales, des pratiques artistiques jusqu’à la recherche d’informations. Elle valide aussi la légitimité de l’exception culturelle à la mondialisation, qui interdit de considérer les objets culturels comme de quelconques marchandises.
Moments stabilisés de pratiques de production et d’interprétation, les objets culturels sont des moyens et résultats des performances (au sens de cours d’action complexes) : aussi ne relèvent-ils pas d’ontologies, mais d’une praxéologie.
Dans le cadre d’une anthropologie sémiotique, on proposera une typologie des objets culturels. N’avons-nous le choix qu’entre les fétiches et les idoles ? Du vase grec à la monnaie, on donnera quelques exemples problématiques. À contre-courant des florissants programmes de naturalisation, notre propos s’engagera dans la direction d’une complète culturalisation du sens.
Cette étude interdisciplinaire adopte le point de vue de la sémantique linguistique pour distinguer les phases de la constitution et de l’interprétation des objets culturels : sémiotisation, sémantisation, textualisation. Elle projette une sémiotique des interrelations entre les textes et les autres performances sémiotiques.

Accéder au document en ligne : ici.

« On ne traite pas des œuvres et on traite des textes en terme de documents. Il y a une surdocumentarisation. Les documents sont d’ailleurs réduits à leurs métadonnées, on n’accède plus qu’à leurs métadonnées. Les métadonnées servent à oublier les données. De la même façon que les documents ont servi à faire oublier les textes. Et que les textes ont servi à oublier les œuvres. »
François Rastier, Des documents aux œuvres (colloque de Cerisy, 6-13 juillet 2012)

Documents, Textes, Oeuvres — Colloque de Cerisy (6 au 13 juillet 2012)

DIRECTION : Driss ABLALI, Sémir BADIR, Dominique DUCARD

Avec la participation de François RASTIER

ARGUMENT

François Rastier œuvre à l’élaboration d’une théorie d’ensemble du texte, pour dépasser les limites de fait où s’est longtemps tenue la linguistique et articuler différents paliers de complexité. Le texte, ainsi placé au centre de la réflexion sur la langue et les arts du langage, devient l’objet empirique de la linguistique. Unité « minimale » de la description, il exige la constitution critique des documents dans un corpus et appelle des méthodes d’analyse qui fassent droit à la déontologie herméneutique. Enfin, comme les textes sont des actes qui portent des valeurs, tant éthiques qu’esthétiques, il est légitime de préciser comment ils deviennent des œuvres, engagées dans une transmission.

Le présent colloque invite à dialoguer à partir des travaux de François Rastier, à en montrer les applications et les incidences dans divers domaines (études littéraires, linguistique, philologie numérique, sémiotique…). Ni bilan prématuré, ni hommage académique, il permettra d’exposer des travaux en cours et de préciser des recherches à venir, en laissant place aux débats sur les nouveaux observables, sur la méthodologie historique et comparative et sur l’épistémologie des sciences de la culture.

source : http://www.ccic-cerisy.asso.fr/rastier12.html 

INTERVENTIONS

ABLALI D., BADIR S., DUCARD D., RASTIER F.
Documents, Textes, Oeuvres

Introduction au Colloque de Cerisy (6 au 13 juillet 2012)
Résumé: François Rastier œuvre à l’élaboration d’une théorie d’ensemble du texte, pour dépasser les limites de fait où s’est longtemps tenue la linguistique et articuler différents paliers de complexité. Pour écouter l’introduction du colloque, téléchargement ici.
CRISTIAN BOTA
Résumé  : Dans ce texte d’introduction à la traduction et la publication en italien d’une anthologie de textes d’Eugenio Coseriu consacrés à la philosophie du langage, Cristian Bota présente le parcours intellectuel et les positions épistémologiques et gnoséologiques du linguiste.
FRANÇOISE CANON-ROGER et CHRISTINE CHOLLIER
Résumé  : VIENT DE PARAÎTRE Cet ouvrage présente dix études sur la détermination des textes par leur genre. Ces études portent à chaque fois sur un texte de littérature irlandaise et sur un texte de littérature nord-américaine. Elles s’inspirent d’une hypothèse formulée par la Sémantique des Textes et elles la mettent à l’épreuve des oeuvres. Une fois construite, la détermination des textes et des passages par le genre dont ils relèvent mène à leur spécificité. L’influence du niveau global (genre ou texte) sur le local (texte ou passage) n’empêche en aucun cas l’action rétroactive du passage sur le texte entier : le « passage » est donc un point d’accès au texte dans la mesure où le global passe par lui.
JEAN LASSÈGUE
Résumé  : Actes d’un colloque comprenant : Présentation (Jean Lassègue), Biological substrates of human kinship : the view from life history theory and evolutionary ecology (Camilla Power), Revisiting matrilineal priority (Chris Knught), Tetradic theory and the origin of human kinship systems (Nick Allen).
ANJE MÜLLER GJESDAL
Résumé  : Après une évaluation des théories de la signification, l’auteur s’attache à la place de ON dans la sémantique de l’énoncé, considérée dans ses liens avec la morphosyntaxe. Elle privilégie pour cela une approche contextuelle qui permet ensuite l’extension de la recherche à l’analyse textuelle à des corpus scientifiques et à une œuvre littéraire (L’excès — L’usine de Leslie Kaplan). L’étude prend pour cadre théorique la sémantique des textes.
TERESA OROZCO
Résumé  : Le livre de Teresa Orozco sur l’activité intellectuelle de Gadamer sous le national-socialisme permet de comprendre le rôle de l’intellectuel en politique autrement que par le biais de ses prises de position publiques et de son militantisme partisan. C’est par ses interprétations de la philosophie antique que Gadamer théorise ses ralliements, faisant de la politique platonicienne notamment une surface de projection autorisant la mise au pas des intellectuels ou la soumission de tous à l’ordre étatique, transfigurées en renvoi des sophistes hors de la cité idéale et en obéissance des « gardiens » à l’ordre juste.
VERÓNICA PORTILLO SERRANO
Résumé  : Ce travail de recherche a pour objet deux axes d’étude qui convergent vers la notion de genre au sein des sciences du langage. Le premier axe d’étude a pour objectif général de montrer la place que cette notion occupe dans diverses disciplines qui l’ont traitée de façon plus accentuée à partir des années quatre-vingts du XXe siècle en France. Dans ce premier axe la notion de type de texte, qui est proche de celle de genre, est également convoquée afin de rendre compte du rôle des typologies textuelles et des genres en didactique du français langue maternelle et du français langue étrangère. Une analyse portant sur le cadre épistémologique qui sous-tend des disciplines telles que la grammaire textuelle, la linguistique textuelle et l’analyse du discours qui ont traité les notions de type et de genre est proposée afin de comprendre les raisons pour lesquelles ces disciplines n’ont pas élaboré de théories des genres. Le second axe d’étude propose une réflexion – au sein d’une problématique dans laquelle sont abordées des questions telles que l’interprétation et la transmission – sur un genre scolaire qui est ancré dans l’enseignement secondaire et universitaire en France et au Mexique : le résumé scolaire. Cette réflexion a vu le jour grâce à l’analyse sémantique d’un corpus constitué de deux articles d’opinion (l’un en français et l’autre en espagnol) et de leurs réécritures par des étudiants français et mexicains en langues vivantes dans une faculté de lettres. L’objectif de cette analyse sémantique a été de mettre à l’épreuve l’hypothèse selon laquelle les réécritures de ces étudiants ne sont pas des condensés, ni des réductions, ni des contractions de leurs textes-source mais de nouveaux textes qui actualisent des éléments sémantiques absents dans ces textes-source. La démarche méthodologique permettant la constitution du corpus objet de notre analyse et de sa description a trouvé ses fondements dans la « Sémantique interprétative » de François Rastier.
FRANÇOIS RASTIER
Résumé: L’auteur entend présenter les principes de la sémantique interprétative, puis situer ce courant de recherche au sein de la linguistique et de la sémiotique, pour évoquer enfin ses perspectives.
FRANÇOIS RASTIER
Des documents aux oeuvres

Colloque de Cerisy (6 au 13 juillet 2012)
Résumé  : François Rastier souhaite synthétiser des acquis de l’herméneutique et de la philologie pour promouvoir une sémantique des textes historique et comparée, appuyée sur la linguistique de corpus. Son projet intellectuel se situe dans le cadre général d’une sémiotique des cultures.
FRANÇOIS RASTIER
Clôture du colloque

Colloque de Cerisy (6 au 13 juillet 2012)
Résumé  : Conclusion du colloque par François Rastier
source : http://www.revue-texto.net/index.php?id=58 

une introduction aux sciences de la culture – s. Bouquet F. rastier

Une introduction aux sciences de la culture, sous la direction de François Rastier & Simon Bouquet, Paris, Presses Universitaires de France, coll. Formes sémiotiques, 297 p. Novembre 2002.

« Si les sciences cognitives entendent de longue date « naturaliser » l’ensemble des phénomènes culturels, d’autres programmes pluridisciplinaires apparaissent aujourd’hui. En effet, les sciences humaines et sociales font l’objet de demandes pressantes concernant le sens, et nouent des liens nouveaux avec les sciences de la vie, la paléontologie, l’éthologie, la génétique des populations, pour éclairer la genèse de l’espèce humaine, des cultures, des ethnies, des individus. Les réflexions sur le développement du langage et des autres systèmes de signes prennent un nouvel essor. Tout cela dessine le contour d’un nouveau continent scientifique, celui des sciences de la culture. Sans prétendre à une synthèse prématurée, les auteurs de cet ouvrage précisent les apports de leurs disciplines, génétique, éthologie, anthropologie, archéologie, psychologie, sémiotique et linguistique. Ils partagent le souci commun de refuser les réductionnismes et de restituer la complexité des faits humains au sein des mondes culturels. »

Sommaire

Avant-propos – François Rastier (CNRS, Paris)

Ouverture

Chapitre 1 : De l’hexagramme cognitiviste à une sémiotique de l’interprétation – Simon Bouquet (Université de Paris X)

I. Les Genèses

Genèse de l’espèce

Chapitre 2 : Enjeux pluridisciplinaires des théories de l’hominisation – André Langaney (Université de Genève)

Chapitre 3 : Race, ethnogenèse et significations de la modernité – Rachel Caspari (University of Michigan)

Genèse de l’individu

Chapitre 4 : De la conscience émergente à la conscience partagée – Boris Cyrulnik (Centre hospitalier de Toulon-La Seyne-sur-Mer)

Chapitre 5 : La culture, le Soi et l’Autre – Jerome Bruner (New York University)

Archéologie

Chapitre 6 : Pour une protohistoire des catégories sémiotiques – Gian-Paolo Caprettini (Université de Turin)

Chapitre 7 : Des configurations archétypiques aux constructions sacrées ; des premiers symboles à l’expression écrite – Emilia Masson (CNRS, Paris)

II. Anthropologies et cultures

Langages et cognition

Chapitre 8 : Représentation, information et culture – Jean-Guy Meunier (Université du Québec, Montréal)

Chapitre 9 : Quel constructivisme pour la linguistique cognitive ? – Marco Bischofsberger (Université de Bâle)

Langues et interactions

Chapitre 10 : La culture, sémantique du social formatrice de la personne – Jean-Paul Bronckart (Université de Genève)

Chapitre 11 : Dialogisme et culture – Denis Vernant (Université de Grenoble)

Chapitre 12 : Les genres du discours comme modèles mentaux et culturels : l’interprétation dans une communauté culturelle – Carol Fleisher Feldman (New York University)

Anthropologies et diversité

Chapitre 13 : Culture, Esprit, Cerveau / Cerveau, Esprit, Culture – Clifford Geertz (Institute for Advanced Studies, Princeton)

Chapitre 14 : Anthropologie linguistique et sémiotique des cultures – François Rastier (CNRS, Paris)

Bibliographie générale

Recensement Erudit.org : Une introduction aux sciences de la culture

sémiotique et sciences de la culture – François rastier

Résumé

À la différence de la sémiotique du signe, extension de la tradition logico-grammaticale, le programme saussurien d’une « science des signes au sein de la vie sociale » conduit à privilégier les textes et autres performances sémiotiques complexes, comme à les contextualiser au sein des pratiques de production et d’interprétation où ils prennent sens. Cela permet d’esquisser un programme fédérateur pour les sciences de la culture : il développe l’anthropologie qui a donné naissance chez Humbolt à la linguistique historique et comparée. Après avoir interrogé le statut scientifique de la sémiotique, on souligne qu’une sémantique des textes peut contribuer à renouveler sa problématique. La linguistique est en effet la sémiotique des langues, et relève en cela d’une sémiotique des cultures.

Plan

SCIENCES DE LA CULTURE ET POST-HUMANITÉ – François RASTIER

PLAN
1. Sémiotique et sciences de la culture
2. La « nature humaine » contre la culture ?
3. Comment naturaliser la culture
4. Responsabilités des sciences de la culture
5. Vers une anthropologie sémiotique
5.1. Acquis de l’anthropologie culturelle
5.2. Enjeux présents